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- C’est probablement l’un des conseils les plus célèbres contre l’insomnie : lorsqu’on n’arrive pas à dormir, il suffirait d’imaginer des moutons sautant par-dessus une barrière et de les compter un par un.
Pourtant, cette méthode serait loin d’être la plus efficace.
Au début des années 2000, deux chercheuses de l’université d’Oxford, Allison Harvey et Suzanna Payne, ont étudié ce qui se passe dans notre esprit au moment de l’endormissement.
Elles ont travaillé avec 41 personnes souffrant d’insomnie et leur ont proposé différentes stratégies mentales avant de dormir. Certains participants devaient simplement essayer de se distraire de leurs préoccupations. D’autres devaient imaginer une scène agréable et relaxante : par exemple une plage, une cascade ou un lieu de vacances.
Résultat : les personnes qui utilisaient des images mentales relaxantes s’endormaient plus rapidement et étaient moins envahies par les pensées indésirables.
Pourquoi ?
Parce que l’un des grands ennemis du sommeil est ce qu’on appelle l’activation cognitive.
Au moment où nous devrions nous endormir, notre cerveau peut continuer à fonctionner à plein régime : nous repensons à notre journée, anticipons celle du lendemain ou nous demandons pourquoi nous ne dormons toujours pas.
Compter les moutons paraît monotone, mais cela ne mobilise pas forcément suffisamment notre imagination pour empêcher ces préoccupations de revenir. On peut très bien penser : « 37, 38, 39… il faut vraiment que je réponde à ce mail demain… 40, 41… ».
À l’inverse, imaginer précisément une plage, le bruit des vagues, la chaleur du soleil ou une promenade dans une forêt occupe davantage notre « espace mental ». L’attention est détournée des inquiétudes sans demander un effort intellectuel important.
Il ne faut donc pas en conclure qu’il faut absolument ne penser à rien. C’est pratiquement impossible. Plus nous essayons volontairement de chasser une pensée, plus elle risque même de revenir.
Le meilleur objectif consiste plutôt à donner au cerveau quelque chose de calme, agréable et peu stimulant à imaginer.
Alors si vous êtes réveillé à deux heures du matin, inutile peut-être de chercher le 247e mouton.
Essayez plutôt de vous transporter mentalement sur une plage déserte.
Votre cerveau aura peut-être davantage envie d’y rester… jusqu’à ce que vous vous endormiez.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - L’histoire se déroule en avril 1862, après la bataille de Shiloh, dans le Tennessee, l’un des affrontements les plus meurtriers du début de la guerre de Sécession. De nombreux soldats blessés restent pendant des heures, parfois toute une nuit, allongés dans la boue, en attendant d’être secourus.
Selon une histoire devenue célèbre, certains auraient alors remarqué un phénomène étrange : leurs plaies émettaient une faible lueur bleu-vert. Plus étonnant encore, les soldats dont les blessures brillaient semblaient ensuite mieux guérir et souffrir de moins d’infections. Le phénomène aurait reçu le surnom d’« éclat de l’ange », ou Angel’s Glow.
Pendant longtemps, aucune explication convaincante n’a été proposée. Puis, en 2001, deux lycéens américains, Bill Martin et Jonathan Curtis, se sont intéressés à cette énigme dans le cadre d’un projet scientifique. Avec l’aide de la microbiologiste Phyllis Martin, ils ont avancé une hypothèse fascinante.
Le responsable pourrait être une bactérie appelée Photorhabdus luminescens.
Cette bactérie vit normalement dans de minuscules vers du sol, des nématodes. Lorsqu’ils infectent un insecte, ils libèrent la bactérie dans son organisme. Celle-ci se multiplie, produit de la lumière — c’est la bioluminescence — et sécrète également des substances antimicrobiennes qui éliminent les bactéries concurrentes.
Or le champ de bataille de Shiloh était boueux. Des nématodes présents dans le sol auraient donc pu pénétrer dans certaines blessures et y déposer Photorhabdus luminescens.
Un problème subsistait : cette bactérie supporte mal la température normale du corps humain, autour de 37 degrés. Mais les soldats blessés avaient passé des heures dehors, dans le froid et sous la pluie. Certains étaient probablement en hypothermie. Leur température corporelle abaissée aurait alors créé, au moins localement, des conditions favorables à la bactérie.
Résultat : Photorhabdus aurait pu coloniser les plaies, les faire légèrement briller et, surtout, freiner la prolifération de microbes beaucoup plus dangereux. En quelque sorte, certains soldats auraient bénéficié d’un antibiotique naturel plusieurs décennies avant l’arrivée des antibiotiques modernes.
Mais il faut ajouter une nuance importante : cette explication est plausible, pas démontrée. Les historiens n’ont retrouvé aucun témoignage contemporain fiable décrivant ces plaies lumineuses à Shiloh. L’« éclat de l’ange » pourrait donc être une légende moderne.
Reste que la science montre qu’un tel phénomène était biologiquement possible — et c’est précisément ce qui rend cette histoire si fascinante.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Costume sombre, casquette de baseball portée à l’envers, communication permanente sur les réseaux sociaux : Nayib Bukele ressemble peu à l’image traditionnelle d’un chef d’État.
Pourtant, cet homme né en 1981 dirige depuis 2019 le Salvador, un petit pays d’Amérique centrale. Et il s’est lui-même surnommé, avec provocation, « le dictateur le plus cool du monde ».
Pourquoi ?
Lorsque Bukele arrive au pouvoir, le Salvador est traumatisé par les gangs, notamment la MS-13 et Barrio 18. Pendant des années, ces organisations criminelles ont contrôlé certains quartiers, racketté les habitants et contribué à faire du pays l’un des plus violents au monde.
Tout bascule en mars 2022. Après une soudaine vague de meurtres, Bukele instaure un régime d’exception.
La police et l’armée disposent alors de pouvoirs considérablement renforcés. Des dizaines de milliers de personnes soupçonnées d’appartenir aux gangs sont arrêtées. De gigantesques prisons sont construites, dont le fameux CECOT, conçu pour accueillir des dizaines de milliers de détenus.
Et sur le plan de la sécurité, le résultat est spectaculaire : selon les chiffres officiels, les homicides ont chuté de plus de 90 % depuis l’arrivée de Bukele au pouvoir. Des quartiers autrefois contrôlés par les gangs sont redevenus accessibles.
Cette transformation explique son immense popularité auprès d’une grande partie des Salvadoriens.
Mais elle a un prix.
Des organisations de défense des droits humains dénoncent des milliers d’arrestations arbitraires, des détentions sans procès équitable ainsi que des mauvais traitements en prison. La Commission interaméricaine des droits de l’homme a elle aussi dénoncé des violations systématiques des garanties judiciaires.
Surtout, Bukele a progressivement concentré davantage de pouvoir. Ses alliés contrôlent largement le Parlement, des magistrats de la Cour suprême ont été remplacés, et il a pu se faire réélire en 2024 malgré les anciennes restrictions constitutionnelles.
En 2025, le Parlement dominé par son parti est allé encore plus loin en autorisant la réélection présidentielle sans limitation du nombre de mandats.
C’est donc tout le paradoxe Bukele.
Pour ses partisans, il est l’homme qui a rendu leur pays vivable et prouvé qu’un État pouvait vaincre les gangs.
Pour ses détracteurs, il construit progressivement un régime autoritaire en sacrifiant les libertés publiques à la sécurité.
Et son surnom de « dictateur le plus cool du monde » résume parfaitement sa stratégie de communication : transformer une accusation extrêmement grave en slogan provocateur… et même en élément de sa propre marque politique.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - On entend régulièrement des phrases comme : « Nous allons clôturer cette réunion », « Je souhaite clôturer mon compte bancaire » ou encore « Le président a clôturé les débats ».
Cela paraît parfaitement naturel. Et pourtant, si l’on respecte la distinction traditionnelle du français, on devrait plutôt employer un autre verbe : clore.
À l’origine, « clore » signifie tout simplement fermer. Le mot vient du latin claudere, qui avait précisément ce sens. C’est d’ailleurs de la même famille que « clos », comme dans « un jardin clos » ou l’expression « à huis clos ».
Mais « clore » a également acquis un sens figuré : mettre fin à quelque chose.
On peut donc clore un débat, clore une séance, clore une négociation, clore un dossier ou clore un compte. L’Académie française reconnaît explicitement tous ces emplois.
« Clôturer », lui, est apparu beaucoup plus tard, au XVIIIᵉ siècle. Il est directement dérivé du nom « clôture ».
Et son sens traditionnel est beaucoup plus concret : entourer un terrain d’une clôture.
On clôture donc un jardin, une prairie ou une propriété, c’est-à-dire qu’on installe autour une barrière, un mur, un grillage ou une haie.
Selon l’Académie française, c’est là que devrait s’arrêter l’usage du verbe « clôturer ». Elle recommande donc de dire « clore une réunion » plutôt que « clôturer une réunion ».
Mais voici ce qui rend l’affaire intéressante.
Le nom « clôture », lui, peut parfaitement être employé au sens figuré. On parle sans problème de « la clôture des débats », de « la clôture d’une séance » ou de « la clôture d’un compte bancaire ».
C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles les Français ont progressivement créé, par analogie, des expressions comme « clôturer un compte » ou « clôturer un dossier ».
Ces tournures sont aujourd’hui extrêmement répandues, notamment dans le langage administratif et bancaire. Certains dictionnaires les enregistrent d’ailleurs comme des usages figurés de « clôturer ».
Retenez donc une règle très simple.
Si vous installez une clôture, vous « clôturez » : on clôture un terrain.
Si vous mettez fin à quelque chose, la forme traditionnellement recommandée est « clore » : on clôt le débat, on clôt la séance, on clôt le dossier.
Une petite différence… qui permet de clore définitivement la question.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Cela peut sembler incroyable, mais notre satellite est en train de rétrécir.
Très lentement, heureusement : au cours des dernières centaines de millions d’années, le diamètre de la Lune aurait diminué d’environ 50 mètres.
Mais comment un astre de près de 3 500 kilomètres de diamètre peut-il rapetisser ?
Pour le comprendre, il faut remonter à sa jeunesse.
Lorsque la Lune s’est formée, il y a environ 4,5 milliards d’années, son intérieur était extrêmement chaud. Cette chaleur provenait notamment des gigantesques collisions qui ont accompagné sa formation, mais également de la désintégration d’éléments radioactifs présents dans ses roches.
Depuis, la Lune évacue progressivement cette chaleur dans l’espace.
Et en refroidissant, les matériaux qui composent son intérieur se contractent.
Imaginez une boule métallique chauffée à très haute température. Lorsqu’elle refroidit, elle diminue légèrement de volume.
La Lune fait à peu près la même chose.
Mais il existe un problème : sa croûte est solide et rigide.
Lorsque l’intérieur se contracte, la surface doit donc s’adapter à un volume légèrement plus petit. Elle se comprime, se fracture et forme des sortes de petites falaises appelées « escarpements de failles ».
La NASA compare volontiers le phénomène à un raisin qui se transforme en raisin sec : lorsque l’intérieur perd du volume, la peau se ride.
À une différence près : la peau du raisin est souple, alors que la croûte lunaire est cassante.
Elle se brise donc.
Les sondes spatiales ont photographié des milliers de ces failles à la surface de la Lune, certaines étant géologiquement très jeunes.
Et le phénomène semble continuer aujourd’hui.
La contraction provoque en effet des tensions dans la croûte. Lorsqu’une faille cède brutalement, cela peut provoquer un « tremblement de Lune », l’équivalent lunaire d’un séisme.
Les sismomètres déposés par les astronautes des missions Apollo en avaient déjà enregistré.
La gravité terrestre peut elle aussi accentuer les contraintes exercées sur ces failles en déformant légèrement la Lune.
Rassurez-vous cependant : notre satellite ne va pas finir par disparaître.
Une diminution de quelques dizaines de mètres sur plusieurs centaines de millions d’années est infime à l’échelle d’un astre.
Mais elle révèle quelque chose de fascinant : contrairement à l’image d’un monde complètement mort et immobile, la Lune continue encore aujourd’hui à évoluer, à se contracter… et même à trembler.
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