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Le grand invité Afrique

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    Guerre au Tigré: «Rien ne prouve que le TPLF trouvera l'appui populaire nécessaire à toute guérilla»

    2026/10/06
    En Éthiopie, c'est un Premier ministre chef de guerre qui a été reconduit à son poste, lundi, par le Parlement d'Addis-Abeba. En effet, depuis deux semaines, Abiy Ahmed affronte une alliance de sept groupes armés rebelles, qui compte dans ses rangs le redoutable Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF. Et pour ne rien arranger, le Premier ministre éthiopien est à présent en conflit ouvert également avec son voisin du Nord, l'Érythrée. Abiy Ahmed a-t-il quand même des cartes en main ? René Lefort est chercheur indépendant et spécialiste de la Corne de l'Afrique. Il répond à Christophe Boisbouvier.
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    Ministre des Sports du Sénégal: les Jeux olympiques de la jeunesse doivent être réfléchis «en termes d'héritage»

    2026/10/05
    Notre grand invité Afrique ce matin est Djirèye Clotilde Coly, ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports, de passage à Paris où elle est venue pour une rencontre au siège de l'Unesco afin de promouvoir les JOJ de Dakar 2026. Ces Jeux olympiques de la Jeunesse seront le tout premier événement olympique de l'histoire à se dérouler sur le continent africain. 2 700 athlètes âgés de 15 à 17 ans venus du monde entier vont donc se retrouver à Dakar du 31 octobre au 13 novembre prochain. Djirèye Clotilde Coly répond aux questions de Carine Frenk.
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    «Abdallah Superstar» d'Iman Ahmed: «Mon père est au cœur de ce moment de création complètement dingue»

    2026/10/03
    « Abdallah Superstar », c’est le titre du premier livre de l’autrice Iman Ahmed. Un ouvrage qui vous plonge dans la ville de Djibouti dans les années 90 et qui raconte une ville musicale, nocturne, car le père d’Iman Ahmed, ingénieur du son, a participé à la naissance d’un courant musical, a collaboré avec des groupes, notamment Dinkara dans lequel chantait Abdallah Lee, le fameux « Abdallah superstar ». Iman Ahmed est notre grande invitée Afrique ce samedi, elle répond à Guillaume Thibault.
    ►L’un des titres du groupe de Djibouti Dinkara, groupe que l’on découvre ou redécouvre dans l’ouvrage d’Iman Ahmed « Abdallah Superstar ».
    ► « Abdallah superstar »
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    Kenya: la méga-raffinerie Dangote «va permettre à une grande partie de l'Afrique de l'Est» de devenir autosuffisante

    2026/10/02
    C'est à Lamu, au Kenya, que le milliardaire nigérian Aliko Dangote a posé mercredi 30 septembre la première pierre de sa nouvelle méga-raffinerie, qui devrait ouvrir d'ici à 2030. Plusieurs chefs d'État africains ont assisté au lancement du projet qui vise à rendre l'Afrique autosuffisante pour sa consommation de produits pétroliers. Mais pourquoi l'homme le plus riche d'Afrique a-t-il décidé de construire une méga-raffinerie au Kenya, où il n'y a pratiquement pas de pétrole ? Benjamin Augé, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales, répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
    RFI : Quand Aliko Dangote dit que cette méga raffinerie va permettre à l'Afrique de devenir autosuffisante en carburant, est-ce que c'est vrai ?
    Benjamin Augé : Non, ce n’est pas vrai. Mais c'est vrai que ça va permettre au moins à une très grande partie de l'Afrique de l'Est de le devenir. Sachant que ce qu'il avait déjà fait à Lekki à Lagos, au Nigeria, avait permis à la totalité de l'Afrique de l'Ouest d'être autosuffisante si les pays d'Afrique de l'Ouest achetaient leurs produits à Lekki, ce qui n'est pas forcément le cas.
    Combien de barils de pétrole l'Afrique consomme-t-elle aujourd'hui, tous les jours ?
    La consommation tourne autour de cinq millions de barils par jour. Donc ce n’est pas une raffinerie de 700 000 barils/jour qui va la rendre autosuffisante. Donc la raffinerie de Dangote permettra à au moins 20% de la consommation d'être satisfaite, mais sera extrêmement loin de l'autosuffisance.
    Et il y a déjà la raffinerie de Lekki aussi au Nigeria…
    Oui, bien sûr, mais il y a beaucoup de raffineries qui ont fermé, notamment au Maroc, en Afrique du Sud, au Kenya d'ailleurs. Et donc il y a un énorme manque qui ne sera pas compensé totalement par les deux structures de Dangote, celle au Nigeria et celle au Kenya.
    Mais en tout cas, l'Afrique se dirige vers son objectif d'industrialiser son économie ?
    Oui, sauf que là, on est sur deux cas différents. Vous avez un cas d'un gros pays producteur au Nigeria, qui peut approvisionner une partie en brut des besoins de la raffinerie, alors que là, vous êtes dans un pays au Kenya qui va produire un tout petit peu dans la région de Lokichar, mais qui ne représentera même pas 5 ou 10 % de la consommation de la raffinerie. Donc, ce sont deux sujets complètement différents.
    Alors justement, c'est la grande question, comment sera approvisionnée cette méga raffinerie qui ouvrira dans trois ans au Kenya ?
    La quasi-totalité du brut sera importée de l'étranger et très probablement pas de l'Afrique, parce que les plus gros producteurs sont plutôt de l'autre côté de l'Afrique, sur le golfe de Guinée. Et la totalité de la production ougandaise sera déjà exportée via un pipeline qui va vers la Tanzanie, vers Tanga. Et donc il n'y a pas de pétrole dans la région qui permettra d'approvisionner la nouvelle raffinerie du Kenya. Donc, ça sera quasiment entièrement importé du Golfe ou d'Asie.
    Alors pourquoi ce choix du milliardaire nigérian ?
    Parce qu'il considère que le coût, actuellement porté par ces économies en Afrique de l'Est, d'importer des produits pétroliers est très, très, très important et que c'est plus économiquement rentable de faire en sorte d'importer du brut puis de le transformer localement. Il ne faut pas oublier que Dangote a toujours eu une énorme admiration pour l'Inde, et l'Inde est un tout petit producteur de pétrole, mais un énorme raffineur et donc un énorme exportateur de produits raffinés. C'est là qu'il y a les plus grosses raffineries du monde de 900 000 barils par jour. Et donc en fait, comme vous dites, c'est une forme d'industrialisation, même si on n'a pas le produit brut, car on le raffine localement. Et cela a un vrai sens économique en termes d'emplois et pour éviter aussi les surcoûts de l'importation du produit fini.
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    Et à terme, est-ce qu'il y aura des oléoducs qui achemineront du pétrole africain vers cette méga raffinerie de Lamu ?
    Non, parce que la totalité du pétrole ougandais, comme je vous le disais, est déjà prévue d'être exportée via la Tanzanie. Et ça, c'est une des grosses erreurs de l’ancien président Kenyatta, qui n'a pas réussi à faire en sorte que le pipeline d'exportation venant de l'Ouganda vienne à Lamu, et c'est la raison pour laquelle Total et CNOOC, qui sont les deux sociétés en Ouganda, n'ont pas voulu que ça se fasse au Kenya parce que c'était trop proche de la frontière avec la Somalie et il y avait trop de problèmes de sécurité. Et dans la région, il n'y a pas d'autres développements pétroliers.
    Au mois de mai dernier, le milliardaire nigérian a été l'une des vedettes du sommet Afrique-France de Nairobi aux côtés d'Emmanuel Macron. On se souvient que beaucoup d'entreprises françaises ont participé à la construction de la méga raffinerie de Lekki au Nigeria. Est-ce qu'il en sera de même à Lamu ?
    Alors, la relation entre le Nigeria et la France est particulièrement bonne depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron en 2017. Que ce soit sous l'ancien président du Nigeria ou avec l'actuel, Bola Tinubu. Donc, je pense que le business français a de grands avantages par rapport aux précédents présidents français. La relation entre William Ruto et Emmanuel Macron est très bonne aussi, comme vous le savez, c'est la raison pour laquelle il y a eu ce sommet Africa Forward. Après, le business au Kenya est très, très, très concurrentiel. Donc je pense que si ça n'est pas impossible, ça sera quand même extrêmement compliqué pour les firmes françaises de s'imposer.
    Alors la méga raffinerie de Lamu est prévue non loin de la vieille ville de Lamu, qui a été construite au XIIᵉ siècle et qui est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Est-ce que ce projet peut représenter un danger pour l'environnement, comme dit Greenpeace ?
    C'est absolument évident qu’une usine qui va prendre un très grand terrain peut avoir des impacts. Mais je pense que William Ruto veut absolument que ce projet prenne forme pendant son mandat, il veut se voir comme une espèce de bâtisseur. Il a besoin de ce genre de succès politique, sachant que la situation intérieure au Kenya est compliquée, avec la génération Z, etc. Donc je pense que les considérations environnementales seront là, mais je ne pense pas qu'elles sont de nature à arrêter un tel projet très, très politique. Vous avez vu toutes les personnalités qui étaient là pour la pose de la première pierre. C'est un projet continental et c'est une façon pour William Ruto de briller, non pas seulement en Afrique de l'Est, mais plus globalement sur le continent africain.
    Pour le président kenyan…
    Exactement.
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    Disparition de Moussa Kaka au Niger: «Absolument rien ne justifie son arrestation»

    2026/10/01
    Au Niger, le journaliste Moussa Kaka a disparu depuis le 31 août. Le Sénégalais Alioune Tine, qui a été un expert de l'ONU pour les droits de l'homme, regrette ce qu'il appelle « la totale indifférence de la communauté africaine et internationale » à l'égard de cette « disparition forcée ». Et il en appelle à la mobilisation de l'opinion africaine et des organisations qui la représentent. Fondateur d'Afrikajom, un groupe de réflexion sur la démocratie et la sécurité en Afrique, Alioune Tine répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
    Au Niger, le journaliste Moussa Kaka a disparu depuis le 31 août. Le Sénégalais Alioune Tine, qui a été un expert de l'ONU pour les droits de l'homme, regrette ce qu'il appelle « la totale indifférence de la communauté africaine et internationale » à l'égard de cette « disparition forcée ». Et il en appelle à la mobilisation de l'opinion africaine et des organisations qui la représentent. Fondateur d'Afrikajom, un groupe de réflexion sur la démocratie et la sécurité en Afrique, Alioune Tine répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
    RFI : Voilà donc un mois qu'on est sans nouvelles de Moussa Kaka. Qu'est-ce que cela vous inspire ? 
    Alioune Tine : Ecoutez, c'est angoissant et c'est inexplicable, surtout dans un pays où c'est l'armée qui est au pouvoir. Donc on doit pouvoir protéger la vie des gens, protéger les libertés fondamentales. Vraiment, nous sommes extrêmement inquiets. Nous exprimons fortement notre désir de voir dans les meilleurs délais des signes palpables, concrets, de vie de Moussa Kaka, que nous avons connu comme journaliste professionnel qui fait un travail fantastique. Moi, je l'ai connu personnellement. Je l'ai connu parce que je suis intervenu dans les années 2007-2008, quand il avait été en prison. J'avais fait effectivement la médiation entre RFI et le président Mamadou Tandja, et il était sorti. Mais on savait où se trouvait Moussa Kaka. On pouvait parler aux autorités de la question et de la liberté de Moussa Kaka. Et une fois qu’il y a eu quand même le lien que les gens se sont parlés, Moussa Kaka a été libre. Je pense que nous attendons également des autorités actuelles, et notamment du général Tiani, la possibilité de parler avec lui, de lui exprimer nos inquiétudes et de lui exprimer également nos désirs vraiment rapidement, d'avoir des nouvelles de Moussa Kaka, de le voir libre et continuer à faire son travail comme d'habitude.
    Alors Reporters sans Frontières dit que les autorités du Niger sont pour quelque chose dans la disparition de notre confrère. Le G25, qui regroupe plusieurs organisations de la société civile du Niger, affirme que, selon son enquête, Moussa Kaka est entre les mains d'un service de renseignements qui s'appelle la DGDSE. Est-ce que ces informations vous semblent crédibles ?
    Totalement crédibles parce qu’il est de plus en plus difficile au Niger d'être un activiste de la société civile qui agit indépendamment, qui dit ce qu'il pense. Donc il y a eu vraiment une détérioration énorme de l'espace civique avec des violations constantes des droits humains. Tout cela, effectivement, fait que la plupart des gens et des organisations qui pensent qu’il est l'otage vraiment des services secrets nigériens, c'est une information quand même aujourd'hui qui est très crédible, qu'il faut prendre au sérieux et demander effectivement aux responsables, aux autorités du Niger de libérer Moussa Kaka. Absolument rien ne justifie l'arrestation et la disparition forcée de Moussa Kaka.
    Il y a un an, plusieurs journalistes ont été arrêtés. La plupart d'entre eux ont ensuite été relâchés. Est-ce que vous constatez, à l'égard de la presse, un durcissement ou pas de la part du pouvoir nigérien ?
    Si, il y a un durcissement, parce que c'est évident qu'il y a des événements graves qui se sont passés récemment, hein, la tentative de coup d'Etat [du 29 août]. Et quand effectivement les journalistes relaient des vérités qui ne plaisent pas, à partir de ce moment-là, donc, le gouvernement prend des mesures, essaye de gouverner par la peur, de terroriser les gens pour que les gens se taisent. Et c'est ce qui se passe. Les gens n'osent plus parler au Niger, n'osent plus parler dans certains pays africains aussi où nous avons des dictatures militaires. Et je pense que la communauté africaine et internationale ne doit pas continuer à rester totalement indifférente par rapport à ces faits qui sont des taches noires.
    Et vous pensez que l'Union africaine et la Commission africaine des droits de l'homme de Banjul pourraient faire plus ?
    Mais écoutez, en première ligne, c'est la Commission africaine des droits de l'homme qui doit se réunir en octobre ici à Dakar. D'ailleurs, l'Union africaine aussi, la Cédéao et même l'AES. Parce qu'il faut les interpeller tous, parce que ce sont les citoyens africains qui sont arrêtés. Et je pense que aucun Africain, aucune institution africaine ne devrait rester vraiment indifférent par rapport à ces phénomènes. Ça demande une véritable mobilisation aujourd'hui de l'opinion africaine pour les libertés fondamentales des gens.
    Dans les trois pays du Sahel central, les régimes militaires au pouvoir reprochent souvent aux journalistes de ne pas être assez patriotes. Est-ce que Moussa Kaka n'est pas la preuve qu'on peut être à la fois un journaliste indépendant et un citoyen patriote qui aime son pays ?
    Bien sûr. Moi j'ai été au Mali, où j'ai travaillé comme expert indépendant [de l'ONU]. Vraiment, les journalistes sont des gens responsables pour la plupart, c'est des patriotes pour la plupart. Donc, sincèrement, je pense qu'il n'y a pas à avoir peur de la parole vraie de ceux qui présentent les faits, mais au contraire avoir le dialogue avec les journalistes pour la protection de la nation, pour s'attaquer aux mêmes défis, ça veut dire vraiment l'insécurité, les attaques des groupes armés terroristes. Par rapport à cette insécurité, il faut faire l'unité des Nigériens. Personne n'aime voir son pays attaqué et Moussa Kaka est dans cette perspective. Il faut finir avec cette transition éternelle. Ça veut dire qu’il faut que l'ordre constitutionnel soit restauré, que les gens se reprennent.
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Du lundi au samedi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'État ou rebelle, footballeur ou avocate... Le grand invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.
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