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- Des chercheurs ont réussi à charger une batterie avec des cellules solaires placées à dix mètres sous la mer de Chine méridionale. Leur secret consiste à fabriquer une cellule qui ne cherche plus à capter toute la lumière du Soleil, mais uniquement les couleurs qui réussissent encore à traverser l’eau.
Sous la surface, la lumière change très vite. L’eau absorbe fortement le rouge et l’infrarouge ; à plusieurs mètres de profondeur subsistent surtout des longueurs d’onde bleues et vertes. Un panneau classique en silicium n’est donc pas optimisé pour ce spectre. Des chercheurs principalement basés à l’université du Yunnan ont développé une cellule en pérovskite dont la composition est ajustée pour ces photons. Sa bande interdite, qui détermine notamment les couleurs de lumière utilisables par le matériau, atteint environ 1,96 électronvolt.
En laboratoire, sous un éclairage reproduisant celui qui subsiste à dix mètres, la cellule a atteint un rendement de 34,71 %. Attention à ce chiffre spectaculaire : cela ne signifie pas qu’elle transforme 34,71 % de toute l’énergie solaire tombant à la surface de l’océan. Le calcul porte uniquement sur la lumière, beaucoup plus faible, qui atteint effectivement la cellule après avoir été filtrée par l’eau. L’équipe est ensuite sortie du laboratoire. Près de l’île de Weizhou, des modules installés sur un petit robot sous-marin ont fonctionné à deux, six puis dix mètres de profondeur. À dix mètres, ils ont produit 324 milliwattheures en deux heures, assez pour démontrer la recharge de petites batteries lithium-ion.
Les chercheurs estiment également, à partir d’essais accélérés de vieillissement, que leurs cellules pourraient conserver 80 % de leurs performances pendant environ cinq ans et demi. Ce n’est donc pas encore une durée de vie observée pendant cinq ans en mer. Autre limite : les cellules utilisent une pérovskite contenant du plomb. Elles sont encapsulées et les premiers tests n’ont montré qu’une fuite négligeable, mais la sécurité environnementale à long terme devra être démontrée avant une utilisation massive.
Source : https://cen.acs.org/energy/solar-power/perovskite-solar-cells-underwater-submerged/104/web/2026/09?sc=230901_cenrssfeed_eng_Energyrss_cen
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - L’éolienne la plus haute du monde, selon son constructeur, ne possède pas un rotor géant ni une puissance record. Sa particularité est ailleurs : son moyeu est installé à 300 mètres du sol pour aller chercher un vent plus fort et surtout plus régulier.
Le prototype se trouve à Schipkau, dans le Brandebourg, au cœur d’une ancienne région minière de lignite. Construit par l’entreprise allemande GICON avec le soutien de l’agence fédérale d’innovation SPRIND, il atteint 365 mètres lorsque l’une de ses pales est à la verticale. C’est davantage que la tour Eiffel avec son antenne, et seulement trois mètres de moins que la tour de télévision de Berlin. Pourtant, la turbine installée au sommet n’affiche que 3,8 mégawatts, une puissance assez ordinaire pour une éolienne terrestre moderne. Le pari repose entièrement sur l’altitude. Plus on monte, plus le vent tend à devenir rapide et régulier. GICON estime qu’à diamètre de rotor identique, sa machine pourrait produire environ deux fois plus d’électricité qu’une éolienne conventionnelle installée beaucoup plus bas. Ce chiffre reste pour l’instant une projection du constructeur : le prototype doit être officiellement mis en service en novembre et ses performances réelles devront encore être mesurées.
La construction elle-même est particulière. La tour comporte une large structure extérieure en treillis et une partie intérieure télescopique. Une fois la turbine et ses pales montées, ce mât intérieur a été hissé par câbles jusqu’à placer le moyeu à 300 mètres, évitant d’avoir à utiliser une grue capable de travailler directement à cette altitude.GICON imagine désormais installer ce type de machines au milieu de parcs déjà existants, au-dessus des éoliennes conventionnelles. L’entreprise évoque jusqu’à 4 000 unités potentielles en Allemagne, tandis que de futures versions dépasseraient sept mégawatts. Ce sont encore des ambitions industrielles, pas des projets acquis.
Source : Renewablesnow
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Toyota veut que certaines voitures thermiques puissent encore être considérées comme « zéro émission » en Europe après 2035, à condition qu’elles ne fonctionnent qu’avec des carburants renouvelables. Une proposition qui change moins le moteur que la manière de compter son carbone. Le constructeur appelle cette catégorie VEEF, pour « véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants éligibles ». Il demande à Bruxelles de reconnaître ces voitures dans la réglementation européenne au même titre que des véhicules zéro émission, si elles utilisent uniquement des biocarburants ou carburants de synthèse répondant aux critères européens de durabilité.
Un essai grandeur nature a déjà commencé en Espagne. Depuis juillet, Toyota, BMW, Bosch et Repsol font rouler une vingtaine de véhicules de série avec Nexa 95, une essence produite à partir de matières premières renouvelables. Les moteurs et les stations-service n’ont pas besoin d’être modifiés. Bosch vérifie numériquement que les voitures participantes utilisent bien le carburant prévu. Mais « renouvelable » ne signifie pas « sans CO₂ à l’échappement ». Lorsqu’elle brûle, cette essence libère toujours du carbone. L’intérêt climatique se calcule sur l’ensemble de son cycle de vie : le carbone absorbé ou récupéré en amont doit compenser une partie de celui rejeté ensuite. Repsol revendique une réduction nette supérieure à 70 % par rapport à l’essence fossile, un chiffre qui dépend notamment des matières premières et de l’énergie utilisée pour fabriquer le carburant.
C’est précisément là que se trouve le débat réglementaire. La législation européenne actuellement en vigueur impose encore une réduction de 100 % des émissions moyennes des voitures neuves en 2035. Mais la Commission a déjà proposé de ramener cet objectif à 90 %, avec des mécanismes de compensation faisant notamment intervenir biocarburants et e-fuels. Ce texte n’est pas encore définitivement adopté. Toyota veut aller plus loin en donnant aux VEEF un statut spécifique. La limite sera probablement celle des ressources. L’Agence internationale de l’énergie rappelle que les déchets, résidus et autres matières premières réellement durables disponibles pour les biocarburants sont limités et déjà convoités par l’aviation, le transport maritime et l’industrie.
Source : Clubic
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Sur les emballages, les industriels les plus spécialisés dans le lobbying auraient dépensé près de soixante fois plus que les associations environnementales en 2025. Le chiffre vient d’une enquête de Zero Waste France fondée sur les déclarations officielles des représentants d’intérêts.
L’association, avec Ecolobby, a passé six mois à examiner le registre de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle y a identifié 125 organisations déclarant des actions d’influence en lien avec les emballages. La comparaison la plus précise concerne les acteurs qui consacrent plus de la moitié de leur activité de lobbying à ce sujet. Ils sont 34 : 32 entreprises ou organisations industrielles, et seulement deux associations environnementales, Zero Waste France et Surfrider.
Les premiers déclarent environ 2,5 millions d’euros de dépenses annuelles. Les deux associations, 43 000 euros. Un rapport de près de 58 pour un. Si l’on élargit à tous les acteurs ayant mentionné les emballages parmi leurs sujets d’influence, les budgets globaux atteignent 24,3 millions d’euros du côté industriel contre 1,3 million pour les ONG. Mais cette deuxième comparaison doit être maniée avec prudence : tout cet argent n’est pas nécessairement consacré aux emballages.
Le lobbying n’est d’ailleurs ni interdit ni, en soi, anormal. Entreprises, associations et syndicats ont le droit de défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics. Le problème soulevé par Zero Waste France est l’asymétrie des moyens au moment où la France peine à réduire ses emballages jetables : plus de 110 milliards d’emballages ménagers à usage unique seraient encore mis sur le marché chaque année. L’association étudie notamment la suppression ou la modification de plusieurs mesures concernant la fiscalité, le réemploi ou les interdictions de certains emballages. Elle attribue une partie de ces reculs à l’action des industriels. Cette causalité reste cependant difficile à démontrer avec les seules déclarations de la HATVP. Elles permettent de savoir qui intervient, sur quels textes et avec quels moyens ; elles ne prouvent pas qu’un amendement ou qu’un arbitrage gouvernemental résulte exclusivement de ce lobbying.
Source : Zero Waste France
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - La politique climatique peut ralentir, mais une partie des engagements pris depuis des années continue désormais sa route devant les tribunaux.
L’exemple le plus récent vient d’Australie. Le 7 octobre, la Haute Cour a donné raison à un collectif qui contestait l’extension de la mine de charbon de Mount Pleasant, en Nouvelle-Galles du Sud. Le dossier portait notamment sur les émissions produites lorsque le charbon exporté sera ensuite brûlé à l’étranger : elles représentent plus de 98 % des émissions associées au projet. Cette affaire s’inscrit dans un phénomène devenu mondial. Selon le Grantham Research Institute de la London School of Economics, plus de 3 600 contentieux climatiques avaient été recensés depuis 1986 à la fin de 2025, dans 62 pays. Plus des trois quarts ont été engagés depuis l’accord de Paris de 2015.
Ces procès ne portent pas tous sur la même chose. Certains cherchent à contraindre un État à respecter ses propres objectifs, d’autres contestent des projets fossiles, des publicités environnementales ou tentent d’établir la responsabilité d’entreprises. Le droit international renforce également ce mouvement. Ces dernières années, le Tribunal international du droit de la mer, la Cour interaméricaine des droits de l’homme et la Cour internationale de Justice ont précisé les obligations des États face au changement climatique. Certains de ces textes sont des avis consultatifs : ils ne fonctionnent pas comme une condamnation directement exécutoire, mais leurs raisonnements peuvent ensuite nourrir des décisions nationales.
L’Europe en fournit déjà un exemple. En 2024, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la Suisse pour insuffisance de son cadre climatique. En France, le Conseil d’État avait imposé au gouvernement de prendre des mesures supplémentaires dans l’affaire Grande-Synthe, avant de clore le contentieux en 2025 après avoir jugé les résultats et mesures suffisamment crédibles pour respecter l’objectif contrôlé. Mais les juges ne remplacent pas les gouvernements. Le rapport de la LSE souligne lui-même qu’une victoire judiciaire ne se transforme pas automatiquement en baisse des émissions : budgets, lois, infrastructures et exécution restent nécessaires.
Source : Reuters
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