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    Bilan inquiétant, un an après le sommet de Nice ?

    2026/06/23 | 2 mins.
    Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, le bilan reste contrasté. Sur le plan diplomatique, les avancées sont réelles. Sur le plan scientifique, en revanche, l’état des océans continue de se dégrader.

    Le 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, les chercheurs ont rappelé l’ampleur des pressions exercées sur les mers : réchauffement climatique, pollution, pêche illicite, recul de la biodiversité. En juin 2025, Nice avait accueilli 175 pays pour tenter de renforcer la protection de cet espace vital. L’un des principaux résultats avait été l’accélération des ratifications de l’accord BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer, c’est-à-dire dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.

    Depuis, plus de 90 pays ont ratifié le texte. Son entrée en vigueur en janvier 2026 a marqué une étape importante pour la gouvernance internationale des océans. Les responsables espèrent désormais dépasser 110, voire 120 États membres avant la première COP Océan, prévue à New York en janvier 2027. La France a, elle aussi, annoncé de nouvelles mesures. Trois grandes aires marines, en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne et dans les Terres australes et antarctiques françaises, bénéficient d’une protection renforcée. Le gouvernement affirme que plus de 14,6 % des eaux françaises sont désormais placées sous protection forte. Un plan contre les déchets plastiques en mer a également été présenté.

    Mais les données scientifiques tempèrent fortement cet optimisme. Le baromètre Starfish 2026, élaboré par 29 chercheurs de 14 pays, montre que 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique sévère, provoquant leur blanchissement. Le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé sur la période 2012-2025. Et 1 685 espèces marines sont aujourd’hui menacées de disparition, soit huit de plus que lors du précédent décompte. Les aires marines protégées couvrent désormais plus de 10 % de l’océan mondial, une première. Mais seules 3,2 % bénéficient d’une protection élevée ou intégrale. L’objectif de 30 % d’ici 2030 reste donc lointain. Le paradoxe est là : la mobilisation politique progresse, mais les indicateurs écologiques continuent de virer au rouge.
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    UE : 50 milliards d’économie grâce au renouvelable ?

    2026/06/22 | 2 mins.
    L’Europe découvre que la transition énergétique ne relève plus seulement de l’urgence climatique. Elle devient aussi une affaire d’économie et de souveraineté. En 2025, l’essor des énergies renouvelables a permis à l’Union européenne d’économiser 51,4 milliards d’euros sur ses importations de combustibles fossiles. Un chiffre majeur, issu des données de l’Agence internationale de l’énergie et du centre d’analyse Ember.

    Dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et la volatilité des prix de l’énergie, ces économies montrent que les infrastructures vertes jouent désormais un rôle de protection. Moins l’Europe dépend du gaz, du pétrole ou du charbon importés, moins elle subit les chocs géopolitiques extérieurs. Les chiffres publiés par Strategic Perspectives confirment cette tendance. En 2025, les importations énergétiques de l’Union ont reculé de 11,1 % en valeur et de 0,6 % en volume par rapport à 2024. Elles s’établissent à 336,7 milliards d’euros, pour 723,3 millions de tonnes. Dans le même temps, l’Europe a investi environ 90 milliards d’euros dans les renouvelables.

    Le solaire s’impose comme le moteur principal de cette transformation. La production photovoltaïque européenne a dépassé 340 térawattheures, soit 12,5 % du mix énergétique régional. Un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures : c’est donc une quantité d’électricité considérable. Sur un an, le solaire a progressé de plus de 60 térawattheures, l’équivalent de la consommation annuelle du Portugal. L’éolien accompagne cette dynamique. En avril 2026, l’éolien et le solaire ont même dépassé le gaz naturel sur un mois complet à l’échelle mondiale, avec 22 % de l’électricité produite contre 20 % pour le gaz. Ember rappelle toutefois que ce résultat bénéficie de conditions saisonnières favorables : davantage de vent, plus de soleil, et une demande modérée entre chauffage et climatisation.

    La limite est donc connue : pour installer durablement les renouvelables au cœur du système, il faut renforcer le stockage et les réseaux intelligents. Mais la direction est claire. En réduisant sa facture fossile, l’Europe libère des capitaux, protège ses citoyens des prix instables et rapproche son économie de l’objectif de neutralité carbone en 2050.
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    La France va reproduire l’énergie du Soleil en laboratoire ?

    2026/06/21 | 2 mins.
    À Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, se construit l’un des projets scientifiques les plus ambitieux de notre époque : ITER, pour *International Thermonuclear Experimental Reactor*. Son objectif est simple à formuler, mais immense à réaliser : reproduire sur Terre la fusion nucléaire, le mécanisme qui alimente le Soleil. Le chantier s’étend sur 180 hectares, soit environ 250 terrains de football, tout près du centre du CEA de Cadarache. Cette proximité facilite les échanges avec les équipes françaises spécialisées dans l’énergie atomique. ITER repose sur une technologie appelée tokamak. Il s’agit d’une machine en forme d’anneau, comparable à un donut, conçue pour enfermer un plasma grâce à de très puissants champs magnétiques.

    Le plasma, c’est une matière portée à des températures extrêmes, où les atomes sont dissociés en noyaux et électrons. Dans ITER, il doit dépasser 150 millions de degrés Celsius. À l’inverse, les aimants supraconducteurs qui le confinent doivent être refroidis à moins 269 degrés. Faire cohabiter ces deux mondes, presque le zéro absolu d’un côté et une chaleur plus intense qu’au cœur du Soleil de l’autre, représente un défi colossal pour les matériaux et l’ingénierie. L’intérêt de la fusion est considérable. La réaction entre deutérium et tritium pourrait libérer beaucoup plus d’énergie que les combustibles classiques. Un gramme de ce mélange fournirait autant d’énergie que 11 tonnes de charbon. Un litre d’eau, contenant environ 30 milligrammes de deutérium, pourrait représenter l’équivalent énergétique de 340 litres de pétrole s’il était entièrement exploité.

    Mais ITER ne produit pas encore d’électricité. C’est un réacteur expérimental, destiné à prouver qu’il est possible d’obtenir dix fois plus d’énergie que celle injectée pour déclencher la réaction. Le projet rassemble l’Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Cette coopération internationale implique plus d’un million de composants venus de différents pays, avec une coordination extrêmement complexe. Résultat : les premiers essais de fusion, envisagés au départ pour 2014, sont désormais repoussés à 2034. Le budget, estimé à 6,3 milliards de dollars en 2006, se situe aujourd’hui entre 20 et 40 milliards d’euros.
    ITER prépare surtout l’étape suivante : DEMO, un futur réacteur capable de produire de l’électricité après 2050, dans le meilleur des cas.
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    Le Portugal déplace 2 millions de tonnes de sable pour sauver ses plages ?

    2026/06/18 | 2 mins.
    Dans le sud du Portugal, les plages de l’Algarve ne sont pas seulement des paysages de carte postale. Elles constituent aussi l’un des piliers de l’économie régionale. Mais, sous l’effet des vagues, des courants et d’un changement climatique qui accentue la montée des eaux et les tempêtes, le littoral recule progressivement.

    Pour protéger ces rivages, le gouvernement portugais a lancé une opération d’envergure : déplacer environ 2,2 millions de tonnes de sable afin d’élargir certaines plages de près de 37 mètres. Le chantier représente un investissement de 14,8 millions d’euros et concerne 6,7 kilomètres de côte, entre Quarteira et Garrão, dans la municipalité de Loulé. Les secteurs de Trafal, Vale do Lobo, Forte Novo, Quarteira et Garrão sont directement concernés. La méthode employée porte un nom : le rechargement artificiel des plages, ou *beach nourishment*. Le principe consiste à prélever du sable sur des fonds marins voisins, puis à le transporter jusqu’au rivage. Ici, environ 1,4 million de mètres cubes de sédiments sont acheminés par bateau avant d’être répartis sur les plages grâce à de longues canalisations.

    L’Agence portugaise de l’environnement coordonne les travaux. Ceux-ci sont réalisés par étapes afin de limiter les perturbations, notamment pendant la saison touristique. Une étude environnementale encadre également la répartition du sable, pour éviter d’étouffer certains milieux marins ou d’endommager le patrimoine archéologique présent sous l’eau. L’objectif n’est pas uniquement de préserver les serviettes des vacanciers. L’intervention doit aussi ralentir l’érosion des falaises et protéger la Ria Formosa, un système fragile de lagunes et d’îles-barrières situé sur la côte de l’Algarve.

    Cette technique ne constitue toutefois pas une solution définitive. Le sable ajouté finit lui aussi par être déplacé par les courants et les tempêtes. Il s’agit donc d’une protection temporaire, qu’il faut régulièrement renouveler. Le Portugal avait déjà conduit des opérations comparables en 1998, 1999, 2006 et 2010. Le chantier illustre ainsi un défi croissant pour les régions côtières : maintenir artificiellement des plages dont l’érosion naturelle s’accélère, tout en protégeant à la fois le tourisme, les habitants et les écosystèmes.
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    Amazon a consommé 10 milliards de litres d’eau en 2025 ?

    2026/06/17 | 2 mins.
    L’intelligence artificielle ne consomme pas seulement de l’électricité. Elle a aussi besoin d’eau. Les centres de données qui font fonctionner les modèles génératifs dégagent une chaleur considérable, et cette chaleur doit être évacuée pour éviter la surchauffe des serveurs. En 2025, Amazon a donc publié, pour la première fois, des chiffres détaillés sur l’eau utilisée par ses installations.

    Le groupe affirme que ses data centers ont consommé environ 9,5 milliards de litres sur l’année. Le volume paraît immense, mais Amazon préfère le rapporter à la quantité d’électricité consommée. Son indicateur atteint 0,12 litre d’eau par kilowattheure, contre une moyenne sectorielle estimée à 0,84 litre. Autrement dit, l’entreprise revendique une efficacité environ sept fois supérieure à celle de ses concurrents. Le ratio s’est également amélioré par rapport à 2024, où il atteignait encore 0,15 litre par kilowattheure.

    Pour limiter ses besoins, Amazon mise principalement sur le refroidissement par air. Celui-ci fonctionne près de 90 % du temps. Le refroidissement évaporatif, qui utilise de l’eau pour faire baisser la température, n’est activé qu’au-delà de 29 degrés. Le groupe a également augmenté la tolérance thermique de ses serveurs, afin qu’ils puissent fonctionner dans un environnement légèrement plus chaud. Grâce à ces mesures, la consommation totale d’eau a reculé de 2 % en un an. Ces chiffres ne racontent toutefois pas toute l’histoire. Ils n’intègrent pas les centres de données loués auprès d’opérateurs tiers, qui représentaient environ un cinquième de la puissance d’Amazon en 2024. Ils excluent aussi l’eau utilisée pour produire l’électricité et celle mobilisée pendant la construction des sites.

    La pression environnementale monte donc autour de l’ensemble du secteur, qu’il s’agisse d’Amazon, de Microsoft, de Google ou de Meta. À Seattle, un moratoire d’un an sur l’expansion des data centers a même été voté peu après cette publication, avec le soutien d’une partie des salariés d’Amazon. Les progrès d’efficacité sont réels, mais ils ne suffisent pas à éteindre le débat. Car si chaque kilowattheure demande moins d’eau, la demande mondiale en calcul, elle, continue d’exploser.
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