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- La politique climatique peut ralentir, mais une partie des engagements pris depuis des années continue désormais sa route devant les tribunaux.
L’exemple le plus récent vient d’Australie. Le 7 octobre, la Haute Cour a donné raison à un collectif qui contestait l’extension de la mine de charbon de Mount Pleasant, en Nouvelle-Galles du Sud. Le dossier portait notamment sur les émissions produites lorsque le charbon exporté sera ensuite brûlé à l’étranger : elles représentent plus de 98 % des émissions associées au projet. Cette affaire s’inscrit dans un phénomène devenu mondial. Selon le Grantham Research Institute de la London School of Economics, plus de 3 600 contentieux climatiques avaient été recensés depuis 1986 à la fin de 2025, dans 62 pays. Plus des trois quarts ont été engagés depuis l’accord de Paris de 2015.
Ces procès ne portent pas tous sur la même chose. Certains cherchent à contraindre un État à respecter ses propres objectifs, d’autres contestent des projets fossiles, des publicités environnementales ou tentent d’établir la responsabilité d’entreprises. Le droit international renforce également ce mouvement. Ces dernières années, le Tribunal international du droit de la mer, la Cour interaméricaine des droits de l’homme et la Cour internationale de Justice ont précisé les obligations des États face au changement climatique. Certains de ces textes sont des avis consultatifs : ils ne fonctionnent pas comme une condamnation directement exécutoire, mais leurs raisonnements peuvent ensuite nourrir des décisions nationales.
L’Europe en fournit déjà un exemple. En 2024, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la Suisse pour insuffisance de son cadre climatique. En France, le Conseil d’État avait imposé au gouvernement de prendre des mesures supplémentaires dans l’affaire Grande-Synthe, avant de clore le contentieux en 2025 après avoir jugé les résultats et mesures suffisamment crédibles pour respecter l’objectif contrôlé. Mais les juges ne remplacent pas les gouvernements. Le rapport de la LSE souligne lui-même qu’une victoire judiciaire ne se transforme pas automatiquement en baisse des émissions : budgets, lois, infrastructures et exécution restent nécessaires.
Source : Reuters
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Les agriculteurs français pourraient encore économiser jusqu’à environ 30 % de certains apports d’eau grâce à une irrigation mieux pilotée. Mais les chercheurs préviennent : aucun satellite ni capteur ne suffira si les cultures restent mal adaptées aux ressources disponibles.
Cette semaine, un millier de spécialistes de l’irrigation venus de 75 pays se réunissent à Marseille pour le congrès international de l’ICID. Parmi les sujets étudiés : la télédétection, les capteurs et les équipements permettant d’apporter l’eau plus précisément. Dans un champ, des sondes peuvent mesurer l’humidité du sol et signaler le moment où une plante commence réellement à manquer d’eau. Dans les vignobles, certains dispositifs suivent directement le flux de sève pour détecter un stress hydrique avant qu’il n’affecte le rendement ou la qualité.
Les satellites apportent une autre échelle. En observant de grandes surfaces régulièrement, la télédétection peut suivre l’état de la végétation, estimer ses besoins et documenter l’évolution des ressources hydriques. Elle permet donc de décider non seulement combien arroser, mais aussi quelles parcelles doivent être prioritaires. Sami Bouarfa, chercheur à l’INRAE et l’un des organisateurs scientifiques du congrès, estime que l’agriculture irriguée dispose encore d’une marge d’amélioration de l’ordre de 30 % grâce à ces technologies. Ce chiffre doit être compris comme un potentiel d’optimisation, pas comme une baisse garantie de 30 % de la consommation agricole française.
Car économiser chaque goutte ne résout pas la question de fond. L’INRAE souligne aussi qu’il faut revoir les cultures et leur localisation. Le maïs représentait environ 40 % de l’irrigation française il y a vingt ans, contre 30 % aujourd’hui. Dans certaines régions, déplacer une culture ou choisir une variété plus adaptée peut éviter de devoir irriguer davantage. Cette réflexion devient urgente après un début d’automne marqué par une sécheresse exceptionnelle des sols et des précipitations très déficitaires en septembre.
Source : GEO
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Des chercheurs de Barcelone ont augmenté le rendement d’une cellule solaire en l’empêchant, paradoxalement, de laisser repartir trop de lumière. Leur prototype passe de 18,23 à 19,08 % de rendement.
L’expérience a été menée à l’Institut de sciences photoniques de Barcelone, l’ICFO, sur une cellule solaire organique. La particularité du dispositif vient d’une électrode avant formée d’une couche d’argent extrêmement mince, seulement six nanomètres, associée à une seconde électrode en argent placée à l’arrière. Entre les deux se forme une sorte de cavité optique. Une cellule photovoltaïque ne transforme jamais toute la lumière qu’elle reçoit en électricité. Une petite partie de l’énergie absorbée est notamment réémise sous forme de photons. Le problème vient de la géométrie : la lumière solaire arrive essentiellement d’une direction très précise, alors que la cellule peut réémettre sa lumière dans beaucoup plus de directions.
La cavité conçue à Barcelone modifie ce comportement. Elle reste suffisamment transparente pour laisser entrer la lumière solaire presque perpendiculairement, mais réfléchit davantage les photons qui tentent de ressortir sur les côtés. Leur cône d’émission se resserre, ce qui réduit une partie des pertes dites de Boltzmann et augmente simultanément la tension et le courant produits.
Le gain expérimental reste modeste : moins d’un point de rendement. Il ne faut surtout pas confondre ce résultat avec les 43 % parfois associés à cette recherche. Ce chiffre est une estimation théorique de ce qu’une cellule à simple jonction pourrait approcher dans des conditions idéales si son émission lumineuse pouvait être extrêmement bien contrôlée. Le prototype actuel en est donc très loin. Il utilise en plus une cellule organique de laboratoire, et l’application de ce principe à des panneaux commerciaux en silicium reste à démontrer.
Source : Clubic
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - L’Europe est parvenue à freiner l’arrivée des voitures hybrides chinoises tout en demandant à Pékin de faciliter l’accès à une autre ressource dont son industrie dépend encore massivement : les terres rares.
Le compromis a été négocié les 8 et 9 octobre à Pékin entre le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič et le ministre chinois Wang Wentao. Il intervient deux ans après l’instauration par l’Union européenne de droits compensateurs sur les voitures entièrement électriques fabriquées en Chine. Ces surtaxes peuvent atteindre 35,3 % en plus du droit de douane ordinaire de 10 %. Les hybrides, eux, n’étaient pas concernés. Les constructeurs chinois ont donc fortement développé cette catégorie en Europe. Bruxelles redoutait que l’hybride ne devienne une nouvelle voie d’entrée massive sur son marché.
Le 9 octobre, Šefčovič a expliqué que l’accord devrait réduire de plus de moitié les exportations futures d’hybrides et d’hybrides rechargeables par rapport à leur trajectoire sans restriction. Depuis, les modalités se sont précisées : le dispositif devrait partir autour de 350 000 véhicules, avec une progression encadrée les années suivantes. Pékin présente pourtant l’accord autrement. Le ministère chinois du Commerce rappelle que l’Union avait importé 302 000 hybrides chinois en 2025 et affirme que le nouveau mécanisme permettra une progression par rapport à ce niveau. Les deux présentations ne sont pas nécessairement contradictoires : les volumes pourront continuer à augmenter tout en restant très inférieurs à ce qu’ils seraient devenus sans limitation.
Dans le même ensemble de négociations, la Chine a promis de faciliter les licences permettant l’exportation vers l’Europe de terres rares et surtout d’aimants permanents. Ce n’est pas une suppression des contrôles : Pékin conserve le pouvoir d’autoriser chaque exportation. Cette dépendance explique le rapport de force. En 2024, la Chine assurait environ 91 % du raffinage mondial des terres rares utilisées dans les aimants et 94 % de la fabrication des aimants permanents concernés.
Source : Reuters
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - En Chine, une batterie haute de 148 mètres stocke de l’électricité sans lithium, simplement en soulevant puis en redescendant de lourdes masses.
Le système s’appelle Rudong EVx. Installé dans la province du Jiangsu, près de Shanghai, il ressemble davantage à un immeuble industriel d’une cinquantaine d’étages qu’à une batterie traditionnelle. Sa hauteur dépasse légèrement les 146,6 mètres qu’atteignait à l’origine la pyramide de Khéops. Mais le terme « batterie » désigne ici une fonction, pas une chimie. Lorsque le réseau dispose d’un excédent d’électricité, notamment provenant du parc éolien voisin, des moteurs utilisent cette énergie pour monter de lourdes masses à l’intérieur du bâtiment. Lorsqu’il faut restituer l’électricité, ces masses redescendent et entraînent des générateurs. L’énergie électrique est ainsi transformée en énergie potentielle gravitationnelle, puis récupérée plus tard.
Le principe est proche de celui des stations hydroélectriques de pompage, qui remontent de l’eau dans un réservoir. Rudong remplace simplement l’eau et la montagne par une structure verticale et des masses solides. L’installation peut fournir 25 mégawatts et stocker 100 mégawattheures, soit quatre heures à pleine puissance. Energy Vault, l’entreprise suisse qui a développé la technologie avec ses partenaires chinois, annonce un rendement aller-retour supérieur à 80 % et une durée de vie d’environ 35 ans. Ces deux chiffres restent des performances communiquées par l’entreprise.
Rudong a été raccordé au réseau fin 2023 puis testé et mis en service en 2024. Il faut donc relativiser l’idée d’une nouveauté apparue cette semaine. Et surtout, ce n’est pas « la plus grande batterie jamais construite » si l’on compare toutes les technologies : des installations électrochimiques de plusieurs gigawattheures existent déjà. Rudong est surtout présenté comme le premier système commercial de stockage gravitaire de cette échelle hors pompage hydraulique.
Source : Futura
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