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    L’IA créé des batteries sans la phase de laboratoire ?

    2026/2/12 | 2 mins.
    Vous pensiez que concevoir une batterie relevait d’un simple jeu de briques technologiques, quelques matériaux bien empilés et le tour est joué ? En réalité, le plus long commence après. Une fois le prototype prêt, il faut le malmener : charge, décharge, recharge… encore et encore, jusqu’à l’épuisement complet. Un marathon qui peut durer des mois, parfois des années. Et qui consomme énormément d’électricité. Certaines estimations évoquent 130 000 gigawattheures nécessaires d’ici 2040 pour ces seuls tests, soit près de la moitié de la production annuelle de la Californie.

    À Université du Michigan, l’équipe du chercheur Jiawei Zhang propose de court-circuiter ce rituel. Dans la revue Nature, ils détaillent une approche baptisée « Discovery Learning ». L’idée est simple sur le papier : observer les premiers cycles de vie d’une batterie pour prédire son avenir, sans attendre qu’elle rende l’âme. Le système repose sur trois briques. D’abord, sélectionner intelligemment quels prototypes méritent d’être testés physiquement. Ensuite, comparer leurs premiers comportements à une base de données de batteries déjà connues. Enfin, estimer leur durée de vie totale… puis réinjecter ces prédictions dans le modèle pour affiner les choix suivants. Autrement dit, l’algorithme apprend aussi de ses propres estimations. Les chercheurs annoncent des gains spectaculaires : 98 % de temps économisé, 95 % de coûts en moins.

    De quoi faire rêver une industrie où chaque semaine gagnée vaut de l’or. Mais prudence. Le professeur Chao Hu, de Université du Connecticut, rappelle que ces prédictions dépendent fortement des données d’entraînement. Si une nouvelle batterie sort trop des sentiers battus, le modèle pourrait se tromper. Et surtout, la vraie vie ne ressemble pas au laboratoire : chaleur, froid, charges imprévisibles… rien n’a encore été validé sur le terrain. Avec un marché estimé à 120 milliards de dollars aujourd’hui, et 500 milliards attendus en 2030, la tentation est forte.
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    TrackCarbon : l’app open source sur l’empreinte carbone de l’IA ?

    2026/2/11 | 2 mins.
    On parle beaucoup d’intelligence artificielle comme d’un miracle numérique. Plus rapide, plus créative, plus efficace. Mais on oublie souvent une question toute simple : combien ça consomme, au juste, une conversation avec une IA ? Car derrière Gemini, Mistral, ChatGPT ou Claude, il y a des centres de données géants, des serveurs qui tournent jour et nuit, et une facture énergétique loin d’être virtuelle.

    Pour mettre des chiffres sur cette réalité, la Fondation Sahar et l’association Trackarbon lancent TrackCarbon, une application disponible dès aujourd’hui sur macOS. Son idée est simple : mesurer, en temps réel, l’empreinte énergétique et carbone de nos échanges avec les IA génératives. Une fois installée, l’application observe la longueur de vos requêtes, celle des réponses, puis estime l’électricité consommée et le CO₂ émis à partir de données scientifiques. Pas d’espionnage pour autant : tout reste stocké en local, sur l’ordinateur. Rien ne quitte la machine.

    L’interface affiche trois indicateurs très parlants : le nombre de requêtes envoyées, l’énergie utilisée, et l’empreinte carbone correspondante. Et pour rendre ces données concrètes, TrackCarbon traduit tout ça en équivalences du quotidien : nombre de recharges de smartphone, kilomètres parcourus en voiture. De quoi réaliser que chaque prompt a, lui aussi, un coût.

    Les calculs s’appuient sur des travaux académiques et évoluent en continu, avec des contributions de chercheurs et de la communauté. L’outil est d’ailleurs entièrement open source : le code est publié sur GitHub, consultable et modifiable par tous. Pas question de culpabiliser, assure Gauthier Schweitzer, président de la fondation. L’objectif est d’éclairer, pas de juger. À terme, l’application devrait aussi proposer des analyses par modèle, des outils pour les entreprises, et même recommander l’IA la moins gourmande selon la tâche. Windows et Linux sont déjà prévus. Reste à savoir si cette boussole carbone changera vraiment nos habitudes numériques.
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    Le nucléaire n’est pas le vrai carburant de l’IA ?

    2026/2/10 | 2 mins.
    Le réveil est brutal pour les grandes promesses vertes de la Silicon Valley. Fin janvier, une enquête du The Guardian met les pieds dans le plat : derrière les discours sur la neutralité carbone, les géants du numérique se tournent massivement… vers le gaz naturel. Sur le papier, tout semblait pourtant réglé. Partenariats nucléaires spectaculaires, investissements dans les renouvelables, déclarations d’intention. Meta Platforms multiplie les annonces, Bill Gates promet des réacteurs nouvelle génération. Mais la réalité est plus terre à terre : le réseau électrique actuel n’arrive plus à suivre.

    Le problème est simple, presque mathématique. Les modèles d’intelligence artificielle générative consomment une énergie colossale, en continu. Les serveurs ne dorment jamais. Or le solaire et l’éolien produisent par à-coups, et le nucléaire demande des années, parfois des décennies, pour sortir de terre. Trop lent pour une industrie qui avance à la vitesse du logiciel. Conséquence : les exploitants de data centers frappent à la porte des centrales thermiques. Aux États-Unis, les opérateurs de gazoducs signalent une explosion des demandes de raccordement direct pour alimenter ces fermes de serveurs, parfois en contournant un réseau public déjà saturé. Même Amazon a récemment alerté : la course à l’IA coûte une fortune en infrastructures, et l’énergie propre n’arrive pas assez vite.

    La transition énergétique se heurte ainsi à la physique. On ne construit pas une centrale comme on déploie une mise à jour. Les courbes exponentielles de l’IA cognent contre les limites très concrètes du béton, des câbles et des turbines. Derrière ce virage, une forme d’aveu. Les objectifs de neutralité carbone pour 2030 restent affichés, mais la priorité est ailleurs : maintenir les puces NVIDIA à plein régime. Google a même racheté un spécialiste des data centers pour sécuriser son approvisionnement énergétique.
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    Elon Musk veut 1M de data centers dans l’espace ?

    2026/2/09 | 2 mins.
    Imaginez un instant : au lieu de construire d’immenses hangars bourrés de serveurs dans le désert, on enverrait les centres de données… dans l’espace. Ce qui ressemblait encore hier à un délire de science-fiction est désormais couché noir sur blanc dans des documents officiels. Depuis plusieurs mois, Elon Musk martèle la même idée : placer des data centers en orbite pour profiter d’une énergie solaire quasi illimitée et libérer de la place au sol, alors que la soif de calcul liée à l’intelligence artificielle explose. Aujourd’hui, SpaceX passe à l’action.

    Dans un dossier transmis à la Federal Communications Commission, l’entreprise détaille un projet de satellites opérant entre 500 et 2 000 kilomètres d’altitude. Les précisions techniques restent rares, mais l’objectif est clair : occuper des orbites encore peu utilisées. Les appareils placés sur des trajectoires héliosynchrones, baignés de soleil plus de 99 % du temps, assureraient une puissance de calcul continue. D’autres, sur des orbites moins inclinées, absorberaient les pics de demande pour répartir la charge. Pour bâtir cette infrastructure, SpaceX compte capitaliser sur son expérience avec Starlink. Et le discours va plus loin que la simple logistique informatique. L’entreprise présente cette constellation comme une étape vers une « civilisation de type II » sur l’échelle de Kardashev, capable d’exploiter pleinement l’énergie du Soleil et de faire tourner des services d’IA pour des milliards d’utilisateurs, tout en préparant l’humanité à devenir multiplanétaire.

    Reste une inquiétude : l’orbite terrestre se remplit déjà à grande vitesse. De plus en plus d’experts alertent sur la congestion et les risques de collisions. Musk, lui, se veut rassurant : selon lui, les satellites seraient si espacés qu’ils se croiseraient à peine. « L’espace est immense, au-delà de ce qu’on imagine », écrit-il sur X. Le calendrier dépend désormais du feu vert de la FCC. En toile de fond, une possible fusion avec xAI se profile. De quoi donner naissance à un conglomérat spatial et numérique hors norme.
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    2026, année de résistance à Shein en France ?

    2026/2/08 | 2 mins.
    C’est un nouveau round judiciaire qui s’ouvre entre Shein et l’État français. Début février, la bataille reprend devant la justice. Après une première décision favorable à la plateforme chinoise, le gouvernement a décidé de contre-attaquer. Direction la cour d'appel de Paris, avec un objectif clair : obtenir la suspension du site. Même si la première manche a été perdue, Paris ne lâche pas l’affaire.

    Invité sur TF1 le jour même de l’audience, le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, a détaillé la stratégie de l’État. Son argument central : un « trouble à l’ordre public ». Selon lui, la plateforme met des produits sur le marché sans en assumer réellement la responsabilité. Il parle de non-conformités « systématiques » et estime que Shein échappe trop facilement aux obligations qui pèsent sur les commerçants classiques. En clair : vendre, oui. Répondre de la conformité des produits, beaucoup moins.

    Mais le gouvernement a déjà prévu un plan B. Si Shein remportait à nouveau cette bataille judiciaire, l’exécutif passerait par la loi. Une proposition doit être déposée pour inscrire noir sur blanc la responsabilité juridique de la plateforme sur l’ensemble des articles vendus. Avec ce nouveau cadre, la Répression des fraudes pourrait constater elle-même les manquements et suspendre l’activité, sans passer par un juge. Autrement dit, changer les règles du jeu.

    Et la pression ne s’arrête pas là. Côté fiscalité aussi, l’étau se resserre. Dès le 1er mars, une taxe de deux euros par colis s’appliquera en France, selon la catégorie d’articles. Puis, à partir du 1er juillet, un droit de douane forfaitaire de trois euros sera instauré au niveau européen. Serge Papin l’a annoncé sans détour : « 2026 sera l’année de résistance à Shein ». Derrière cette formule, un message politique limpide : réguler la fast fashion importée, rééquilibrer la concurrence… et montrer que, face aux géants du e-commerce, l’État compte bien garder la main.
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