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    Léon XIV: visite guidée du chantier sans fin de la Sagrada Familia, la basilique d'Antonio Gaudi

    2026/06/09
    À Barcelone, mercredi 10 juin, le pape Léon XIV continue sa visite officielle en Catalogne, qui se terminera dans la soirée par une messe à la Sagrada Familia, la fameuse basilique de l'architecte catalan du XXe siècle, Antonio Gaudi. Mais surtout, le pape va bénir et inaugurer la dernière tour centrale du monument : celle de Jésus Christ, qui fait de la Sagrada Familia la plus haute église du monde. Une œuvre qui reste néanmoins inachevée et que RFI a visité avec son architecte en chef, Jordi Paoli.
    De notre envoyée spéciale à Barcelone,
    Au milieu des touristes, la figure discrète de l'architecte en chef Jordi Fauli se fraie un chemin. Dans les couloirs qui mènent à la salle des maquettes, le sexagénaire s'attarde toujours pour parler aux enfants. « Et aux adolescents, précise-t-il. Ces enfants sont le futur de la Sagrada Familia. C'est sûr qu'ils la verront terminée avec tout l'ensemble et l'escalier principal. »
    Tout juste 144 ans après la pose de la première pierre, la Sagrada Familia est arrivée à un point d'orgue : l'achèvement de sa dernière tour centrale, celle de Jésus Christ, son point culminant. Mais elle n'est toujours pas terminée. Il lui manque sa dernière façade, celle de la Gloire, qui sera l'accès principal, doté d'un escalier monumental. Jordi Fauli l'assure, tout est bien le fruit de l'architecte Antoni Gaudi, mort il y a tout juste 100 ans : « En 1936, on a brûlé le studio de Gaudi, les plans ont brûlé et les maquettes ont été détruites en petits fragments. Mais on a récupéré près de 8 000 fragments de ses maquettes, et ses disciples ont reconstruit une partie de ces maquettes. »
    Conscient qu'il ne pourrait jamais le terminer, Gaudi avait pris soin d'expliquer à ses disciples son projet, qui a été photographié et décrit dans des livres spécialisés. Mais surtout, il s'était concentré sur la construction verticale, celle de la façade de la Nativité, au lieu de construire à l'horizontale, comme c'était la coutume. « C'est évidemment une manière de faire connaître la Sagrada Familia au monde entier, parce que comme cela, avec une façade terminée, il laissait une image à photographier, divulguée partout. Mais aussi, de cette manière, Gaudi s'assurait de la continuité de la Sagrada Familia », estime Jordi Fauli.
    « Un génie du marketing », s'amuse l'architecte directeur, qui poursuit la visite : « Entrons maintenant dans la nef principale, dont Gaudi disait qu'elle serait comme une forêt. Regardez : une forêt de colonnes qui se ramifient et forment des nœuds comme si c'était des arbres. Grâce à cela, il n'y a pas d'autres éléments structurels sur les façades, seulement des vitraux pour les centres et la lumière. » Des colonnes de 22 mètres de haut qui supportent tout le poids du monument et sont devenues un symbole de l'œuvre du génie architecte, explique Jordi Fauli : « Quand il a fait sa dernière maquette, il a dit : "Je suis vraiment content de la maquette des nefs, même si j'ai de la peine parce que je n'en verrai aucune partie construite." Mais il savait qu'elle serait faite dans le futur. » Un projet toujours inachevé et sans date de finalisation, mais dont le futur est déjà écrit.
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    Suède: les gangs recrutent de plus en plus les jeunes filles

    2026/06/08
    La Suède est confrontée à une hausse inquiétante de l’implication de jeunes filles dans la criminalité organisée et les violences de gangs. Selon le Conseil suédois de prévention du crime, elles sont utilisées de manière stratégique car elles attirent moins l’attention des autorités. Ces jeunes, parfois des enfants de moins de 12 ans, deviennent de véritables actrices du crime organisé, endossent des rôles de plus en plus importants, mais dans ces milieux violents, elles sont bien plus vulnérables que les garçons.
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    Belgique: «Métisses–Cinq femmes contre un crime d'État», un succès judiciaire face à l'horreur coloniale

    2026/06/07
    Sorti le 20 mai en Belgique, le documentaire Métisses – Cinq femmes contre un crime d'État de Quentin Noirfalisse et Jean-Charles Mbotti Malolorelate le combat judiciaire de cinq femmes métisses contre l'État belge. Nées dans les années 1940 ou 1950 sous administration coloniale dans ce qu'on appelait alors le Congo belge, leur père était Blanc, leur mère était Noire et, pour cette raison, on les a enlevées à leur mère.
    De notre correspondant à Bruxelles,
    Alors qu'elles avaient entre 2 et 5 ans, les autorités coloniales ont placé ces cinq petites filles dans des institutions religieuses, comme des milliers d'enfants métis. En 2024, elles ont gagné leur procès en appel contre l'État belge. C'est ce procès que le film suit, tout en racontant l'enfance et les traumatismes de ces cinq femmes engagées dans le combat d'une vie.
    Quentin Noirfalisse, co-réalisateur du film avec Jean-Charles Mbotti Malolo, était le Grand invité Afrique de RFI le 23 mai.
    Un reportage à retrouver en version longue dans Accents d'Europe.
    À écouter dans La marche du mondeLes mères dépossédées de leurs enfants métis dans le Congo colonial
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    Syrie: à Alep, la lente reconstruction de la vieille ville pour faire revivre ses souks

    2026/06/06
    La capitale économique de la Syrie a été durement frappée par la guerre qui a vu s’opposer les forces rebelles au régime de Bachar el-Assad et son allié russe entre 2012 et 2016. Les intenses bombardements des forces loyalistes et le séisme de 2023 ont lourdement endommagé la vieille ville. Classés au patrimoine mondial de l’Unesco, 60 % des souks sont aujourd’hui très endommagés ou détruits. Aujourd’hui, les habitants tentent de reconstruire leur ville meurtrie et les commerçants reviennent progressivement. 
    De notre envoyée spéciale avec Dana Alboz, de retour d’Alep,
    Les souks pluricentenaires d’Alep, carrefour des « routes de la soie », reprennent vie timidement. « Historiquement, chaque souk était dédié à un métier spécifique : le souk du cuivre, celui des parfumeurs, etc. », explique Nour Habak, le directeur de la citadelle, qui nous fait visiter ces 14 km de ruelles labyrinthiques.
    Les souks recèlent de nombreux trésors cachés. Dans la cour de la mosquée Halawiye, qui attend d’être restaurée, se cache derrière un mur de béton un joyau du XIIᵉ siècle. Nour Habak nous le montre sur son téléphone : c'est l’un des plus beaux mihrabs du monde arabo-islamique. « Ce mihrab a été protégé au début de la révolution grâce à un double mur de blocs de béton, au cas où le bâtiment serait touché par des obus. Comme on peut le voir, on distingue les traces des éclats. J’ai des sentiments partagés, confie-t-il, je suis soulagé que ce mihrab soit en sécurité même si je suis triste de ne pas le voir. »
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    Reconstruire selon la tradition alépine
    Mais ce mihrab est une exception. 60 % des souks ont été endommagés ou détruits d’après l’ONU. Les destructions subies sont vertigineuses, nul ne sait combien de temps prendra la reconstruction. « Toute cette partie était à terre, le toit et les boutiques, montre Ghaith Makansi, l'architecte qui dirige la restauration du souk depuis 2018. C’est un musée à ciel ouvert. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. À la fin, les propriétaires du marché pourront retourner dans leurs boutiques. » Un chantier qui doit être mené dans le respect de la tradition alépine. « Mon père m’a appris mon métier, on transmet ce savoir-faire d’une génération à l’autre », indique Sameer Saeed, tailleur de pierre. 
    Quelques ruelles ont déjà été rénovées, mais les propriétaires de commerces comme Mahmoud Soubhi, vendeur de keffieh, attendent leur tour avec impatience. « Si cette artère rouvre, c’est comme si le sang recommençait à circuler dans le marché et les gens reviendront. Car beaucoup de clients viennent, voient les destructions, puis ne continuent plus leur chemin vers le bas, souligne le vendeur. Toute ma vie, je suis resté dans cette boutique, je ne l’ai jamais quittée. Tout meurt, mais le souk revivra grâce à la population. Grâce aux gens qui y vivent. » 
    Reconstruire Alep et plus largement la Syrie est un chantier immense qui, d’après la Banque mondiale, coûtera plus de 200 milliards d’euros. 
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    Au Vietnam, la progression rapide de l'obésité inquiète les autorités

    2026/06/05
    Au Vietnam, une nouvelle réalité inquiète les autorités publiques. Réputée pour son alimentation saine et équilibrée, la gastronomie vietnamienne fait désormais face à de nouvelles habitudes. Aujourd’hui, environ 20 % de la population est en situation de surpoids ou d’obésité. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le pays connaît l’une des progressions les plus rapides d’Asie du Sud-Est.
    De notre correspondant à Hanoï,
    Sur les trottoirs de la capitale, ces jeunes dégustent des cafés au lait concentré, à la crème salée ou au jaune d’œuf. Une seule boisson peut contenir l’équivalent de la dose journalière de sucre recommandée par l’OMS. Dans ce café branché d’Hanoï, une jeune vendeuse explique la préparation de ses boissons. « La quantité de sucre varie, il y a environ entre 35 et 50 g de sirop, ce qui correspond à environ 20 à 30 g de sucre raffiné pour une portion de boisson de 350 à 500 ml. Les jeunes Vietnamiens aujourd’hui aiment manger sucré, oui, confirme-t-elle. Ils aiment la restauration rapide et boire des boissons qui contiennent beaucoup de sucre. »
    McDonald's, KFC ou Lotteria : depuis les années 1990 et l’ouverture économique du pays sur le monde, les chaînes de fast-food n’ont cessé de se développer, modifiant progressivement les habitudes de consommation. À Hanoï, dans certains quartiers, jusqu’à 40 % des jeunes seraient en situation de surpoids ou d’obésité. Les villes sont les plus exposées à cette hausse, explique Alice Nguyên, diététicienne. « Il y a beaucoup de nouvelles tendances alimentaires qui arrivent. Par exemple, les boissons et la nourriture, il y a beaucoup de publicités autour de ces produits, souligne-t-elle. La plupart des gens ne sont pas vraiment conscients de comment un apport excessif en calories peut avoir un impact sur le taux d’obésité. »
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    Les jeunes en première ligne
    Selon elle, les jeunes sont en première ligne face au phénomène. Le gouvernement a récemment annoncé la mise en place de mesures dans les écoles, avec un meilleur encadrement des repas et des actions de sensibilisation auprès des élèves. « Je pense que la génération plus âgée au Vietnam est celle qui consomme le plus de nourriture “réelle”, des aliments non transformés, plutôt que les jeunes », poursuit la diététicienne.
    Chaque jour, Hoa prépare des petits plats à base de tofu, de sauce de poisson ou encore de légumes frais du marché. Les mains sur la cuisinière, cette soixantenaire remue dans une poêle des champignons et du bœuf, en expliquant ses recettes favorites. « C’est les crevettes sautées avec du porc, sans utiliser beaucoup d’huile, et les plats sont très légers, tout en étant nutritifs, souligne-t-elle. Par exemple, le tofu frit avec des oignons, ou encore du poulet bouilli, dont le bouillon peut être utilisé pour cuisiner la courge. »
    Pour encourager la consommation de produits plus sains, les autorités vietnamiennes multiplient les mesures. Depuis 2026, l’étiquetage nutritionnel plus détaillé est devenu obligatoire sur les produits alimentaires. Le pays doit progressivement faire entrer en vigueur une taxe sur les boissons sucrées. 
    À écouter dans Le goût du mondeLe secret des Vietnamiennes
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