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Israël: à l'approche des élections, le refus du service militaire des ultra-orthodoxes divise profondément la société
2026/09/24Des élections législatives sont prévues en Israël à la fin du mois d’octobre. Le pays est en campagne électorale et il est beaucoup question du service militaire. Traditionnellement en Israël, les ultra-orthodoxes en étaient exemptés. Depuis 2023, ce n’est plus le cas. Le monde orthodoxe en majorité refuse cette nouvelle réalité et tente d’obtenir une nouvelle loi d’exemption. Mais dans un pays qui est en guerre sur plusieurs fronts depuis trois ans, beaucoup d'Israéliens trouvent cette situation injuste. Les ultra-orthodoxes, eux, ne veulent rien entendre.
De notre envoyée spéciale à Bnei Brak,
Un nouveau quartier se construit à Bnei Brak. Cette ville voisine de Tel-Aviv a deux caractéristiques, explique le maire adjoint Shlomi Elharar : les habitants sont très jeunes et très religieux. En hébreu, on les appelle les haredim, les "craignant Dieu" : « Il y a 240 000 habitants dans la ville de Bnei Brak, 110 000 ont moins de 18 ans. Bnei Brak est une ville haredi à 99 %. »
Pour cette population, seules comptent les règles de la Torah. L’étude des textes religieux est au-dessus de tout, notamment des obligations de service militaire. Dans un pays en guerre permanente depuis trois ans, le sujet est très clivant. Beaucoup de jeunes refusent de répondre aux ordres d’enrôlement. L’armée estime qu’il lui manque 12 000 combattants, Bnei Brak compte environ 15 000 déserteurs, estime le maire adjoint qui les soutient. David vient de recevoir sa convocation, il a 17 ans : « Je leur réponds que je ne veux pas aller dans l’armée parce que je pense que ce n’est pas pour moi. C’est tout. Ce n’est pas pour moi, il faudrait vraiment s’adapter et j’ai grandi dans une famille ultra-religieuse. »
Servir autrement
Considéré comme déserteur, David ne peut pas sortir d’Israël, il est menacé de sanctions financières et risque d’être arrêté par la police. Mais les religieux disent qu’ils préfèrent la prison à l’armée. Pour Léa Levy, médecin généraliste à Bnei Brak, les ultra-orthodoxes veulent bien servir le pays, mais en faisant du bénévolat plutôt qu’en allant au combat : « On n’a pas besoin de servir le pays de manière uniforme et tous derrière un uniforme. Ces gens-là qui n’ont pas de smartphones, qui n’ont pas étudié dans des écoles classiques, ils ne sont pas forcément adaptés pour servir dans l’armée. Et je pense que les orthodoxes qui peuvent servir dans l’armée, c’est ceux qui appartiennent à la tranche la plus moderne du monde orthodoxe où, par exemple, les femmes accèdent à des métiers, mais pas les tranches qui ont gardé le plus de tradition. »
À 24 ans, Benjamin est étudiant en théologie, son parcours est une exception : « J'étais dans une unité d'élite à l'armée pendant à peu près deux ans. Moi, dans mon unité, personnellement, il y avait des filles. Cette proximité, en fait, avec les filles n'était pas bonne. Et mis à part ça, les gens qui étaient autour de moi là-bas, ce n'étaient pas les bonnes personnes. J'avais besoin d'être avec des gens qui font shabbat, qui aiment Dieu, qui comprennent l'importance d'être religieux. » Benjamin a demandé à intégrer une unité ultra-orthodoxe. Déçu, il a repris ses études en religion : « Même en allant dans une unité religieuse, ça manquait de Torah comme je l'attendais. »
Les ultra-orthodoxes représentent 15 % de la population en Israël. La coalition gouvernementale actuellement au pouvoir est tributaire du soutien des partis qui les représentent.
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2026/09/23Chaque année en septembre, le paisible village de Lisdoonvarna, dans l’ouest de l’Irlande, accueille le plus grand festival de célibataires d’Europe et voit affluer près de 40 000 visiteurs venus du monde entier. Créé il y a plus de 165 ans, ce festival est né à la fin des récoltes, lorsque les agriculteurs célibataires, jusque-là accaparés par le travail de la terre, pouvaient enfin prendre le temps de chercher une épouse. À l’heure des applications de rencontre et du speed dating, le festival continue de parier sur les rencontres spontanées.
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2026/09/21À Kiev, dans le plus grand hôpital pédiatrique d'Ukraine, les transplantations d'organes n’ont pas cessé depuis le début de l'invasion russe en février 2022. Nous avons suivi l'opération de Khrystyna, un bébé de neuf mois, à qui sa tante vient de donner une partie de son foie – la centième transplantation hépatique de l'hôpital. Malgré les missiles, les coupures d'électricité et l'espace aérien fermé, les chirurgiens continuent d'opérer. Et pour transporter les organes, certains envisagent désormais des drones militaires reconvertis.
De notre correspondante à Kiev,
Nous sommes au huitième étage de l’hôpital. Depuis quelques semaines, les attaques russes se sont intensifiées sur la capitale ukrainienne. Dans l’une des sept salles d’opération, trois chirurgiens chaussés de lunettes grossissantes sont aux prises avec le foie de Tetyana. Cette femme de 36 ans a décidé de donner une partie de son organe sain à sa nièce, Khrystyna, âgée de neuf mois. Le bébé est en train d’être préparé à l’opération dans le bloc voisin. Oleg Godik, le chirurgien en chef, reste étonnamment détendu : « Nous prélevons deux segments du foie du donneur, puis nous les réduisons, voire les hyper-réduisons si nécessaire, afin qu’ils soient adaptés au receveur avant la transplantation. L’opération dure en moyenne cinq à six heures. »
D’ailleurs, cela peut paraître surprenant, mais, pour se concentrer, les chirurgiens ont mis de la musique métal en fond sonore. Peut-être aussi une façon de faire écran au quotidien anxiogène ambiant.
L’opération de Khrystyna est la 100e greffe de foie réalisée dans cet hôpital. En Ukraine, le pays effectue encore des centaines de transplantations par an et ce chiffre continue de grimper malgré la guerre. Cependant, le cadre est très strict. Une loi adoptée dès 2018 interdit formellement qu’un organe soit prélevé sur un soldat tué au front ou sur un civil mort à la suite des attaques russes.
Maintenir les transplantations malgré la guerre
Le chirurgien cardiaque Borys Todurov, grand ponte des greffes dans le pays, a lui-même suggéré cette loi au gouvernement. Il nous accueille dans son bureau de l’Institut du cœur, sur la rive gauche de Kiev : « C’était une manière d’éviter les spéculations dans les médias russes. Dès les premiers jours de la guerre, les médias russes racontaient chaque jour que des équipes ukrainiennes de transplantation se rendaient sur le front pour prélever les organes des personnes tuées. »
Maintenir ces transplantations en temps de guerre impose aussi des défis concrets. L’espace aérien ukrainien est fermé depuis février 2022. Et transporter un organe, c’est aussi une course contre la montre, car il ne survit que six heures au maximum hors du corps. L’an dernier, les équipes de Todurov ont parcouru 34 000 kilomètres, presque l’équivalent d’un tour du monde : « Quand nous roulions pendant les attaques, avec des bombes qui explosaient devant nous, c’était extrêmement dangereux. »
Une solution se dessine pourtant : des drones militaires reconvertis, capables de parcourir 700 kilomètres à plus de 110 km/h. Son équipe n’attend plus que l’approbation des forces armées, afin que les militaires comprennent que ce qui vole n’est pas forcément un ennemi, mais peut servir à transporter des organes.
À lire aussiUkraine: à Odessa, l'hôpital pour enfants tente de gérer les pénuries de courant- À Londres, les plaintes pour incidents à caractère islamophobe ont augmenté de 31% sur l’année écoulée, et 2026 pourrait bien dépasser ces chiffres. À l’échelle du pays, l’islamophobie ne cesse d’augmenter depuis 2023, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza. Selon les dernières statistiques, une mosquée est attaquée tous les cinq jours au Royaume-Uni, rendant les musulmans inquiets pour leur avenir.
De notre correspondante à Londres,
La mosquée d’Ibrahim Syed, en banlieue de Liverpool, ressemble à un centre communautaire, en rez-de-chaussée, avec une immense salle centrale aux néons blafards. En un an, l’imam a subi trois attaques : « Quelqu’un a tiré sur les fenêtres avec une carabine, alors qu’il y avait des enfants à l’intérieur. Ils ont été choqués. On a aussi envoyé un DVD à caractère pornographique, pour essayer de nous énerver. Et enfin un drapeau britannique a été suspendu devant la mosquée. »
Ces douze derniers mois, 70 incidents sur des mosquées britanniques ont été enregistrés : menaces en ligne, vandalisme, intimidation, etc. Très impliqué dans la vie locale, Ibrahim Syed tente de rester positif : « C’est dur ! Je suis né ici. Tout d’un coup, notre appartenance à ce pays est remise en cause. Mais je suis un optimiste : rien qu’hier, un voisin a réparé gratuitement nos fenêtres. »
Guerres au Moyen-Orient, montée de l’extrême droite xénophobe. L’association Tell Mama, qui recueille des appels de victimes, a recensé 6 000 incidents islamophobes en 2024, 7 000 en 2025. La directrice, Iman Atta, note une normalisation alarmante : « Nous n’avons pas encore analysé les données pour 2026, mais ce sera au moins aussi élevé que 2025. La rhétorique autour des musulmans, les agressions dans l’espace public, la sexualisation des femmes musulmanes. Nous voyons la haine en ligne se déplacer dans la vraie vie, et c’est très inquiétant. »
Un pays qui se divise
Sur son site, Tell Mama conseille les mosquées et lieux culturels pour garantir leur propre sécurité. Mais Iman Atta exige davantage du gouvernement : « La technologie évolue si vite, avec l’IA entre autres. Les autorités semblent ne pas pouvoir suivre. Le gouvernement devrait pénaliser les entreprises qui monétisent la discrimination et l’extrémisme. »
Parmi cette communauté, certains préfèrent prendre les choses en main. Hijab beige sur un visage déterminé, Julie Siddiqi organise régulièrement des groupes interreligieux d’études des textes sacrés. À chaque ramadan, elle organise de grands banquets à partager, pour la rupture du jeûne, avec les non-musulmans de son quartier : « Nous devons apprendre à ne pas être d’accord, sans fermer le débat. Notre pays se divise, en particulier depuis quelques années, nous devons continuer à construire des ponts. »
Outre l’islamophobie, ces trois dernières années les incidents antisémites et racistes sont également en forte hausse. - À Diohine et dans ses environs, les agriculteurs connaissent bien le Faidherbia albida. Cet arbre joue un rôle important dans les cultures. Ses feuilles et ses résidus contribuent à enrichir le sol en matière organique, tandis que son système racinaire participe au maintien de sa fertilité. Mais alors que le parc arboré de la zone se dégrade progressivement, cet arbre emblématique du bassin arachidier se fait de plus en plus rare. Toutefois, sa disparition pourrait fragiliser davantage les terres agricoles. Un reportage de Habib Diao.
De notre envoyé spécial à Diohine,
Avec sa hauteur pouvant atteindre 15 à 25 mètres et son écorce gris jaunâtre, le Faidherbia albida, communément appelé Kad en wolof, est facilement reconnaissable au milieu des champs du bassin arachidier sénégalais.
Sa présence n’est pas seulement une question de paysage. Pour Paul Ndiaye, agriculteur à Diohine, le kad est un véritable allié des cultures : « Le kad est l'arbre le plus important dans nos champs, car malgré l'infertilité du sol, si tu as au moins cinq arbres dans ton champ, tu auras une bonne récolte, car tout ce que tu cultives au-dessous de l'arbre sera fertile. Mais l'arbre commence vraiment à se faire rare dans la zone. »
Les experts de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ont implanté au milieu des champs un site d’étude pour analyser les interactions entre cet arbre et les cultures. Cathy Clermont, ingénieure agronome à l’IRD, s’intéresse particulièrement aux effets du Faidherbia albida sur les sols et les cultures : « On est là sur un site qui s'appelle Faidherbia-Flux, et notre objectif, c'est justement de voir les relations de cet arbre qui est emblématique du Sénégal avec son environnement. Et beaucoup d'agriculteurs nous disent que cet arbre a des effets bénéfiques sur les cultures annuelles qui poussent à proximité. Nous avons quand même déjà des résultats qui permettent de dire : "Attention, planter du Faidherbia albida, c'est très intéressant. L'effet de l'arbre va jusqu'à une distance de 17 mètres autour du tronc." Et donc cette connaissance peut être utilisée pour mieux gérer les apports de fumier dans un contexte où il n'y en a pas beaucoup. »
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Conscientes des bienfaits de cet arbre pour les cultures, les populations font le maximum pour les préserver. Pour Aissatou Faye, représentante d’un mouvement féminin de Diohine, l’élagage des vieux Faidherbia pourrait contribuer à mieux préserver ces arbres. Toutefois, elle dénonce les difficultés rencontrées par les populations, notamment en raison des restrictions imposées par les agents des Eaux et Forêts :
« Les vieux kad qui ne sont pas élagués lèvent les terrasses. Le kad peut vivre des centaines d'années, mais s'il n'est pas élagué, il devient très lourd. À mon avis, ce que les agents des Eaux et Forêts devaient faire, c'est d'élaguer tous les Faidherbia qui sont trop lourds à partir du mois de mai. Si la pluie tombe, ça repousse. Mais ils ont fait en sorte que personne ne touche aux arbres. Donc tout ça, c'est le problème des Eaux et Forêts. »
Dans le bassin arachidier, la disparition progressive de cet arbre rappelle une nécessité : protéger le kad, c’est aussi protéger la terre et l'activité des agriculteurs qui en dépendent.
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